Lire une cote de pari : les trois formats et la probabilité qu'elle cache

Une cote n'est pas seulement un multiplicateur de gain : c'est une probabilité déguisée. Savoir la relire dans ce sens est le préalable à toute méthode, y compris celles décrites sur nos pages consacrées au value bet et au flat betting.

Les trois formats en circulation

La cote décimale, employée en France et en Europe continentale, indique ce que rapporte une mise de 1 euro, mise comprise. Une cote de 2,50 rend 2,50 euros pour 1 euro engagé, dont 1 euro de mise et 1,50 euro de gain net.

La cote fractionnaire, britannique, exprime le gain net rapporté à la mise. Une cote de 5/2 signifie 5 euros gagnés pour 2 engagés, soit une décimale de 3,50 : on divise 5 par 2, puis on ajoute 1 pour la mise.

La cote américaine emploie un signe. Un plus indique le gain net pour 100 misés : à +150, une mise de 100 rapporte 150 de bénéfice, soit une décimale de 2,50. Un moins indique la mise nécessaire pour gagner 100 : à -150, il faut engager 150 pour en gagner 100, soit une décimale de 1,67.

De la cote à la probabilité

La conversion tient en une division : la probabilité implicite vaut 1 divisé par la cote décimale. Une cote de 2,00 correspond à 50 %, une cote de 4,00 à 25 %, une cote de 1,25 à 80 %.

C'est le seul chiffre qui permette de comparer une cote à sa propre estimation. Tant qu'on raisonne en multiplicateur, on ne peut rien confronter ; en probabilité, la question devient simple : est-ce que je crois cet événement plus probable que ce que le marché annonce.

La marge se calcule, elle ne se devine pas

Additionnez les probabilités implicites de toutes les issues d'un même marché : le total dépasse toujours 100 %. L'excédent est la marge du bookmaker, prélevée quel que soit le résultat.

Sur un match de tennis coté 1,90 de chaque côté, chaque issue vaut 52,63 %. Leur somme atteint 105,26 % : la marge est donc de 5,26 %. À cotes égales de 1,95, elle tombe à 2,56 %. Sur un marché à trois issues comme un match de football, le calcul est identique, avec trois termes à additionner.

Cette mesure est le meilleur critère de comparaison entre opérateurs, bien avant les offres de bienvenue : une marge inférieure d'un point sur chaque pari pèse davantage, sur une saison, qu'un bonus ponctuel. Notre comparatif des bookmakers revient sur ce point.

Retrouver la cote sans marge

Pour estimer la probabilité réelle que le marché attribue, divisez chaque probabilité implicite par la somme obtenue. Dans l'exemple à 1,90, on obtient 52,63 divisé par 105,26, soit 50 % : le marché voit bien un match équilibré, et les 5,26 % restants sont la rémunération de l'opérateur.

Ce retraitement est indispensable dès qu'on compare ses propres estimations à celles du marché, faute de quoi on conclut systématiquement que le marché sous-évalue toutes les issues.

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